Volonté et portage politique

La volonté politique

Mettre en œuvre une politique jeunesse nécessite une volonté politique forte portée par les élus dont le rôle est primordial. Cette volonté implique notamment que l’on reconnaisse une catégorie jeune et que par ailleurs que cette catégorie relève du politique.

  • Un nécessaire questionnement des élus : quels enjeux locaux à la mise en place d’une politique jeunesse ? Pour quels secteurs de l’action publique ? Au-delà du coût en quoi une politique jeunesse fait-elle sens dans le projet politique global  du territoire ? Ce questionnement aidera notamment à ne pas réduire la politique jeunesse à un programme d’activités.
  • La volonté de l’élu de positionner la question de la jeunesse dans une approche globale et pas uniquement dans le champ des loisirs.
  • L’exploration de la volonté des élus de s’engager ou pas dans une démarche de co-construction de la politique jeunesse avec les acteurs concernés et les jeunes, puis en articulation avec les différents dispositifs institutionnels et niveaux d’intervention des autres collectivités, notamment départementale et régionale. Mettre en place une politique concertée pour la jeunesse permettra notamment aux élus d’adapter plus facilement leur action publique aux besoins du territoire et de permettre à celle-ci de naître d’un processus démocratique.

L’exploration du regard porté par les élus sur les jeunes 

Nous disposons chacun de nos représentations de la jeunesse et sommes parfois confronter à des clichés. « Les jeunes ne s’engagent plus », « ils sont paresseux », « Ils sont dépolitisés », « Ils ne nous respectent plus », « Ils sont l’avenir de notre société », « ils sont ressources sur notre territoire », « ils sont innovants », « ils sont  etc… Force est de constater qu’une vision négative des jeunes constitue souvent le frein principal à l’élaboration d’une politique jeunesse.

  • Faciliter l’expression des perceptions des élus sur la jeunesse. Le regard porté a une incidence sur la qualité de relations avec les jeunes et sur le projet.
  • Importance pour un élu de confronter son regard avec les perceptions des acteurs concernés par la jeunesse. En effet, chacun parle à partir de son cadre de référence, de son statut, de son histoire,… et c’est normal. La mise à plat des représentations permet alors de laisser une place aux autres dans leur différence et d’entendre une façon d’appréhender une situation de manière différente. Les réflexions qui s’en suivent permettent alors de construire et composer en laissant la place aux différents points de vue.
  • L’INJEP repère trois modèles de représentation des jeunes qui influencent les formes de l’intervention publique : le jeune est à élever, à éduquer, la jeunesse « menace » en difficulté ou dangereuse et le jeune est une « ressource » (développement local/autonomie).

Le Portage politique

Le portage politique constitue un préalable à toute démarche publique. La politique jeunesse ne fait pas exception à ce niveau. Bien entendu, la démarche d’élaboration du projet va contribuer à affiner la décision politique. 

Voici quelques repères utiles dans une démarche pour appuyer ce portage politique : 

  • Identification des élus moteurs et influents qui pourront porter la politique jeunesse et légitimer la démarche de jeunesse auprès des autres élus.
  • La nécessaire réflexion des élus sur leur rôle et place spécifique dans une politique jeunesse.
  • Soutien des élus moteurs dans la diffusion du portage politique, facilité par un argumentaire politique dans la mesure où la politique jeunesse est un investissement.
  • Inscription du portage politique dans le temps, au-delà des échéances électorales ; notamment par un travail de collaboration active entre élus et coordinateur jeunesse du territoire. En effet la politique jeunesse n’est pas un paquet que l’on remet à une structure. Un lieu d’échange permanent est nécessaire 
  • Élargissement du cercle des élus moteurs par la mise en place d’un groupe référent qui peut être constitué d’élus locaux sollicités au-delà du cercle des maires et adjoints, jusqu’aux conseillers communautaires ou municipaux. 

Fusion d’intercommunalités : Poursuite de la compétence Jeunesse ?

Dans le cadre des fusions d’EPCI, les nouvelles intercommunalités sont amenées à définir les compétences optionnelles. Ainsi les élus ont à se (re)questionner sur la poursuite à la restitution de la compétence jeunesse aux communes. 

  • Connaitre l’autre EPCI : quelles expériences menées sur chacun des territoires ? Quel fonctionnement ? Quel budget ? Quels partenaires ?…
  • Partager entre élus une vision commune de ce nouvel espace de projet.
  • Harmoniser la politique jeunesse à cette nouvelle échelle, voire redéfinir un projet avec l’ensemble des acteurs locaux engagés et des partenaires institutionnels (notamment avec la CAF qui propose aux territoires de nouvelles modalités de contractualisation)
  • Choisir des modes de gestion de cette compétence : convention, régie, délégation,…